L'orage semblait prendre de l'ampleur, brisant le ciel de ses grands éclairs lumineux. Les arbres se débattaient contre le vent de plus en plus menaçant, finissant par céder sous le poids de cette bataille de laquelle ils n'avaient plus la force de se protéger. De gros nuages noirs obscurcissaient le ciel habituellement voilé d'étoiles. Seule, accroupie dans mon lit, je regardais le ciel pleurer. Il avait mal lui aussi. Tellement puissant, dangereux, prêt à tout écraser sur son passage. Laissant place à sa rage, criant sa douleur au monde entier. Prêt à faire péter la planète seulement pour mourir avec elle. Lui aussi n'en pouvait plus, il souffrait, il hurlait, mais personne ne voulait l'écouter. Il se débattait du mieux qu'il pouvait, mais la douleur était si insoutenable qu'elle l'écrasait jusqu'à l'étouffer. Sa rage était telle qu'elle l'aveuglait, l'obligeant à se battre dans la noirceur, sans alié, sans attache. Si seul, si perdu, déboussolé par ses propres sentiments, il ne contrôle plus rien. Il a mal, tellement mal. Il se débat contre une puissance infaible, indestructible. Aveuglée par mes pleurs, suffoquant sous la chaleur insoutenable de la brûlure que provoque ton absence, je cris ma douleur en silence. Je suis perdue, tellement perdue. Comme si je ne trouvais plus de but à ma vie, comme si je n'avais plus de raison d'exister. Je me sens si mal, brûlée de l'intérieur, consumée par ce vide créé par ton absence. Je n'ai plus aucune attache, comme poussée dans le vide, essayant désespérément de me débattre pour survivre. J'étouffe sous la pression que j'inflige à mon corps. Les larmes coulant sur mes joues, le c½ur battant jusque dans mes tempes, ma tempête intérieure s'accentue. Vaincue par sa puissance, je baisse les armes et souffre en silence.
...et je vis sans exister. *